Le mot du fondateur
Si vous êtes déjà passés par un de mes centres, vous l’avez sûrement vu : des BD du Chat de Geluck dans mes salles d’attente. Ce n’est pas un hasard. Il y a une histoire derrière.
J’avais 13 ans. En été, à Walibi, une belle journée à m’amuser avec mes amis… et mes lunettes qui tombent et se cassent. Ces lunettes, je les avais payées moi-même. Je rentre seul, je passe par la grande enseigne verte où je les avais achetées : on me refuse la garantie. À la place, on me propose une soudure, rien d’autre. Je suis bien obligé d’accepter… Je repars avec une monture rafistolée, un verre fendu et le cœur lourd.
En passant devant une petite boutique, un homme m’arrête : Monsieur Peeters, opticien indépendant rue Marie-Christine, à Laeken. « Tu vas où, p’tit bonhomme ? » Je raconte. Il me fait entrer. « Pose-toi là, je vais voir. »
Il revient : « Pour tes lunettes actuelles, je ne peux pas faire grand-chose… Mais essaie ça. »
Monture noire, verres ronds, façon Harry Potter. « Reviens la semaine prochaine. »
J’y retourne. Il me tend la boîte : mêmes lunettes… avec des verres à ma vue. « Mais Monsieur Peeters… je n’ai pas d’argent. »
« C’est pas grave, p’tit bonhomme. Tu me rembourseras quand tu seras grand. »
Je ne l’ai plus quitté tant que j’ai vécu à Bruxelles. Sa boutique : le parquet qui craque, le petit canapé, quelques montures, et des dessins du Chat de Geluck partout. Là, j’ai compris ce qu’était un vrai professionnel : pas vendre à tout prix, mais d’abord remplir sa mission : aider les patients à mieux voir — et la première chose que j’ai revu c’était mon sourire dans le miroir.
Quand je suis devenu audiologue, je me suis fait une promesse : travailler comme Monsieur Peeters.
Je le répète souvent à mes patients : « Mon travail, ce n’est pas de vous vendre des appareils. Mon travail, c’est de vous aider à mieux entendre. »
Concrètement, on s’assoit, on parle. On teste, on ajuste, on reteste. On ne fait pas de miracle : on fait simplement preuve de précision et de patience. Parfois, je dis « pas tout de suite » ; je préfère perdre une vente que rater une adaptation.
Si vous cherchez un discours de vente, vous n’êtes pas au bon endroit. Mais si vous voulez une relation claire, exigeante et simple, la porte est ouverte. Venez comme vous êtes avec vos problèmes, vos doutes, vos attentes. On fera le tri ensemble.
Et quand vous ressortirez, j’aimerais que vous puissiez dire : « Ça fait longtemps que je n’avais plus entendu ce rire. »
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